« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison » Mc 6, 4
9 juillet 2018
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Imaginez un chef de chantier qui se trouve devant une pierre de forme imprévue : soit il l’intègre à sa construction dont elle devient une pierre maîtresse ; soit il la méprise, et la laisse traîner sur le chantier, au risque de buter dessus. Pour celui qui croit, le Seigneur est son rocher, comme disent certains psaumes, sa sécurité ; mais ceux qui refusent de croire se privent eux-mêmes de cette sécurité et le choix des croyants devient pour eux incompréhensible et proprement scandaleux.

Saint Pierre s’inspire de cette image en parlant du Christ : « On trouve dansl’Ecriture: Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie et précieuse, et celui qui met en elle sa confiance ne sera pas confondu… mais pour les incrédules, la pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre de l’angle et aussi une pierre d’achoppement, un roc qui fait tomber. Ils s’y heurtent parce qu’ils refusent de croire en la parole. » (1 P 2, 6-8).

Jésus, comme Ezékiel (première lecture), comme Jérémie, comme tant d’autres avant lui, constate que nul n’est prophète en son pays : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »

Manifestement, Jésus ne s’attendait pas à cette réaction scandalisée, puisque Marc affirme : « Il s’étonna de leur manque de foi». On peut déjà être surpris nous-mêmes que Jésus s’étonne : cela veut dire que, pour lui, tout n’était pas écrit d’avance. Pourtant, l’épisode se clôt néanmoins sur une petite lueur d’optimisme : même à Nazareth, dans ce climat d’hostilité, Jésus a pu quand même opérer quelques guérisons; cela veut dire en clair que malgré toutes nos mauvaises volontés, tout espoir n’estjamais perdu !

Marie-Noëlle Thabut, KTO