Pélerinage des Pères

Début juillet dernier, 32 pères se rassemblent à la gare d’Ay le vendredi soir. Les carnets de chants sont distribués, les sacs sont chargés dans la camionnette conduite par deux fistons. La marche débute et prend des airs de promenade d’été le long du canal. Après une petite côte dans les vignes de champagne, nous arrivons à la statue de Notre Dame du GRUGUET. Magnifique point de vue à partir duquel le père Stephan débute son premier topo pour entrer spirituellement dans le pèlerinage : la flânerie devient méditation, prière, chant, louange, fraternité.

La marche reprend jusqu’à Mutigny. Les pèlerins profitent du coucher de soleil sur la campagne quand la cloche de la chapelle nous appelle pour une messe célébrée dans l’intimité du soir.  Le pique-nique est l’occasion de livrer aux autres ses intentions de pèlerinage. Couchés en rang d’oignons à même le sol de la salle communale, les uns et les autres découvrent ou retrouvent avec amusement la promiscuité digne d’internats de garçons.

Le lendemain, la principale journée de marche est ponctuée par les deux topos du père, des temps de récitation du chapelet, des chants, des temps de silence, et des discussions à bâton rompu où chacun livre à son camarade de marche ses joies ou ses difficultés, qui deviennent autant de nouvelles intentions. A chaque pas une écoute s’instaure entre tous. Et ça fait du bien !

Le second soir, les corps et les pieds, peu habitués, sont harassés. Dans une propriété à Rilly la Montagne nous assistons à une messe devant un panorama magnifique qui nous sert de chœur.  La tête apaisée par l’effort, la prière est profonde, la louange spontanée, la demande de miséricorde pressante. Les confessions se sont succédées toute la journée jusqu’au soir. Un repas-barbecue préparé par tous, permet de partager un moment convivial et festif. La pelouse du jardin sera aussi notre dortoir.

Dimanche matin, la marche doit reprendre très tôt pour arriver à l’heure à la messe à Saint André. Les pèlerins, chantant des cantiques entraînants, deviennent missionnaires pour les quelques badauds croisés.

Arrivés à l’église, les pères entrent en procession et se regroupent dans le chœur pour chanter la messe. Puis le jardin paroissial nous accueille pour un repas tiré du sac avec nos familles, nous nous présentons épouses et enfants pour lesquels nous avions priés. Ces amitiés paternelles deviennent familiales.

Les deux fistons avec la camionnette auront ponctué nos pauses, porté nos sacs, permis de soulager un marcheur ou deux. Ils sont chaudement applaudis. Nous nous quittons sur la promesse d’une nouvelle édition. Dès les jours suivants, les photos sont partagées et les propositions de vie fraternelle émergent.

L’ombre silencieuse de Saint Joseph est sur nous.